'sieur DaViD bOwIe

'sieur DaViD bOwIe
REBEL REBEL

You've got your mother in a whirl
She's not sure if you're a boy or a girl
Hey babe, your hair's alright
Hey babe, let's go out tonight
You like me, and I like it all
We like dancing and we look divine
You love bands when they're playing hard
You want more and you want it fast
They put you down, they say I'm wrong
You tacky thing, you put them on


Rebel Rebel, you've torn your dress
Rebel Rebel, your face is a mess
Rebel Rebel, how could they know?
Hot tramp, I love you so!


Don't ya?


You've got your mother in a whirl 'cause she's
Not sure if you're a boy or a girl
Hey babe, your hair's alright
Hey babe, let's stay out tonight
You like me, and I like it all
We like dancing and we look divine
You love bands when they're playing hard
You want more and you want it fast
They put you down, they say I'm wrong
You tacky thing, you put them on



Don't ya?
Oh?


You've torn your dress, your face is a mess
You can't get enough, but enough ain't the test
You've got your transmission and your live wire
You got your cue line and a handful of ludes
You wanna be there when they count up the dudes
And I love your dress
You're a juvenile success
Because your face is a mess
So how could they know?
I said, how could they know?

So what you wanna know
Calamity's child, chi-chile, chi-chile
Where'd you wanna go?
What can I do for you? Looks like you've been there too
'Cause you've torn your dress
And your face is a mess
Ooo, your face is a mess
Ooo, ooo, so how could they know?
Eh, eh, how could they know?
Eh, eh

# Posté le jeudi 02 juin 2005 05:13

Modifié le mardi 07 juin 2005 06:45

chtite caricature de Bush

chtite caricature de Bush
Y'a rien à dire, ça se passe de commentaire. Tout est dans l'image !

# Posté le jeudi 02 juin 2005 05:48

Modifié le vendredi 03 juin 2005 06:07

Les inconnus

Les inconnus
Pour moi, c'est incontournable !

# Posté le jeudi 02 juin 2005 08:42

dOc

dOc
C'est fUnNy, vous ne trouvez pas ?!

# Posté le vendredi 03 juin 2005 05:37

Nouvelle de Nicola Sirkis (1998)

Nouvelle de Nicola Sirkis (1998)
SUICIDAL TENDENCIES


Bonjour ! Je m’appelle Julien. Hier, j’ai eu dix-sept ans et aujourd’hui j’ai piqué le pistolet à grenaille de mon père. Je crois que j’ai une mauvaise nouvelle pour vous, pour moi aussi d’ailleurs.
Si là je m’adresse à vous, c’est parce que ce que je vais faire… ça va faire du bruit, je vous préviens.
Voilà. Tout à l’heure, en rentrant du lycée, je me tuerai… On appelle ça un suicide. Je vais mettre le revolver dans ma bouche et je vais tirer : « blam ! », j’appuierai sur la gâchette juste une fois et cela suffira… enfin, j’espère.
Avant, j’écrirai à ma mère et à mon père et puis aussi à Charlotte, ma fiancée du moment : pour m’excuser. C’est qu’ils n’y sont pour rien les pauvres ! Mais bon, c’est comme ça, voilà !
Je leur dirai pourquoi je me suis tiré dessus, pourquoi j’ai décidé de quitter la terre. Déjà, l’année dernière, je voulais avaler toute la boîte de Lexomyl de ma mère ; mais à cette époque j’ai été un peu lâche, je ne suis pas allé jusqu’au bout. Et puis moi, je veux une mort violente, avec du sang partout, de la défiguration ; avec les cachets chimiques, c’était un peu faible comme spectacle.
Quitte à mourir, autant vraiment marquer le coup, non ? Faut que ça se voie. Ma mort, je la veux sanglante, avec du rouge sur les murs, sur la moquette de ma chambre, sur mes vêtements. Faut que ça soit sale ! je ne veux pas que ce soit beau, et surtout quand on me retrouvera, je veux que ma mort laisse un mauvais souvenir, un très mauvais souvenir à tous ceux qui me connaissent. Comme ça, quand ils se rappelleront de moi, il y aura toujours deux images en eux : celle d’un jeune mec de dix-sept ans, mignon et intelligent (il paraît), et celle de son corps par terre, la tête éclatée en dix mille morceaux dans sa chambre (un CD de Marilyn Manson en boucle).
Mon suicide à moi, c’est le monde d’aujourd’hui tel qu’il est avec le bien et le mal, le sale et le beau, le beau et le moche, sauf que le bien, il n’est pas assez fin pour réussir à niquer le mal… tout le problème est là.
Peut-être que, par mon acte, j’arriverai à faire changer cet état de fait, comme les bouddhistes au Viêt-nam qui se brûlaient vifs sur les places publiques.
M’enfin, j’y crois pas trop, faut pas voler plus haut que son cul quand même !
Attention ! c’est dur, vachement dur à dix-sept ans de décider de se tuer, d’arrêter sa vie, comme ça, hop, par un coup de feu. C’est pas aussi facile que ça, et c’est triste et pathétique à la fois… pour moi et pour tous ceux qui resteront et qui m’aimaient, à l’imparfait et au futur. C’est triste à hurler, à se taper les poings sur un mur de béton. Se faire sauter la gueule comme ça, par un bel après-midi de printemps, je ne le souhaite à personne. Il n’y en a pas beaucoup qui le feraient, on est tous pas très courageux, n’est-ce pas ? Ben moi, je le suis, voilà et je l’affirme en plus, il faut me comprendre. De l’indulgence quand même. Je saurai rester digne, jusqu’au bout, comme un condamné à mort innocent, je saurai me sacrifier dans l’honneur.
Et les raisons me direz-vous, il faut bien des raisons pour se suicider, non ? eh bien, y a pas de problèmes, les voilà les raisons.
Tiens, par exemple, déjà qu’on est dix fois trop sur la Terre, qu’on arrive pas à nourrir tout le monde, dès qu’il y a une naissance dans une famille, dès qu’un bébé joue dans un square, vous êtes tous là à dire et à répéter : oh ! qu’il est mignon… qu’il est merveilleux et gnagnagna…
Mais dans dix ans il sera peut-être mort de faim ou de maladie ou de catastrophe naturelle ou encore d’accident. C’est vrai quoi ! Qu’est-ce qui vous intéresse au fond ? l’instant présent ? Et l’avenir alors ? Qu’est-ce que vous avez dans la tête : vos prochaines vacances, les programmes télé de la semaine prochaine, la crise économique… évidemment, et puis bien sûr, de me gonfler sur le travail au lycée et le chômage, et le monde ne t’attendra pas et gnagnagna… Putain quel futur !
Mais est-ce que vous savez seulement que de toute façon on est tous programmés pour mourir. C’est qu’une histoire de chromosomes. Grâce à vos dons pour le téléthon, merci Sérillon ! maintenant on sait tout ça. Il y a des gens qui ont les bons chromosomes et qui vivront, si tout va bien, très vieux. Il y en a d’autres qui ont les pourris et qui crèveront à quarante ans, voire à cinquante ou soixante ans au mieux, si c’est pas carrément plus jeune encore. C’est pas vachement injuste ça ? On appelle ça l’horloge génétique ; Eh bien moi, je ne suis pas d’accord, je suis archi-contre, même notre mort elle est truquée.
Remarque, c’est comme notre naissance, on a du bol d’être né en France, par contre pour ceux qui sont nés au Rwanda… ! ou même en Algérie !… euh…
De toute façon, terminer ma vie comme une vieille chaussette qui pue, en bouffant de la bouillie et en me faisant pipi dessus, langer et talquer les fesses par une infirmière, ça ne m’intéresse pas. C’est trop la honte ! Et puis savoir qu’on ne sait plus comment on s’appelle, que l’on ne reconnaît même plus ses enfants _ un peu comme si on avait pris du LSD à soixante-dix ans _, c’est pas terrible, pas très décent comme fin de vie.
Bon ! Mais malheureusement il n’y a pas que ça. Vous en voulez encore sur la mort ? Ca ne vous suffit pas ? J’ai tout là-dessus, de toute façon.
Par exemple la putréfaction : putain ! mais moi je veux qu’on me brûle. Au moins mon corps, une fois mort, ne gonflera pas par ses propres gaz, n’explosera pas dans le cercueil et surtout ne se fera pas bouffer par ses propres vers… ouais ! ses propres vers…
Avec la mort j’ai toujours eu un rapport délicat, comme les Japonais. En plus, quand j’étais petit et que j’allais à la mer, j’avais une trouille bleue des raz de marée ; on allait souvent à Ostende, la mer du Nord, plate comme une planche à dessin. Eh bien dans mon lit, la nuit, en entendant le bruit des vagues, j’étais tétanisé. J’imaginais une vague monstrueuse qui brisait les fenêtres de ma chambre, s’engouffrait dans la maison, et emportait tout, noyait tout, même mon lit avec moi dedans.
C’était la même chose à la montagne avec les avalanches, ou alors quand il neigeait ; je me disais que ça ne s’arrêterait jamais et qu’on allait tous mourir étouffés par les flocons, ensevelis vivants… Et je ne vous parle même pas de la campagne, des ruptures de barrages, des tremblements de terre et des chutes de météorites.
Eh bien nous y voilà, contre les éléments, on ne peut strictement rien, nous sommes des petits points, balayés d’un coup sec, d’une mai, quand le jeu est terminé, que l’on a perdu et que l’on est très énervé. Tout ça c’est tout normal, cela s’appelle même des catastrophes naturelles et cela arrive tous les jours.
Et je ne vous parle même pas de l’univers et des comètes qui se rentrent dedans à coups de milliards de fois la puissance de la bombe H, et qui nous envoient parfois leurs jouets, en poussières grosses comme un Airbus… Ni même du soleil qui un jour, s’éteindra comme une bougie, qui en avait marre de cramer tout seul et de chauffer tous ces cons à l’œil.
Dans l’espace, la Terre c’est un microbe de zut perdu au milieu de rien, il n’y a pas de début, il n’y a pas de fin… il n’y a rien qu’un trou noir et des microbes… C’est pas un peu bizarre, ça ?
Bon, et après tout ça il y a le pire… moi, nous, les humains, la « folie des hommes »… Moi, si j’arrivais aujourd’hui sur la Terre comme Martien, en touriste, et que l’on me dise que chaque pays a de quoi faire sauter la planète dix mille fois en appuyant sur un bouton, qu’un président chef d’Etat de l’Est qui a ce pouvoir dingue est bourré en permanence, à la vodka en plus… je retourne sur Mars aussitôt, et prends même pas de photos.
L’année dernière, le jour de la rentrée, le pire, j’avais pensé me barrer à l’autre bout de la Terre, sur une île déserte, les Fidji par exemple… eh bien, on m’a dit que d’ici à dix ans, avec le réchauffement de la planète, la couche d’ozone et toute la merde, eh ben la plupart de ces petits paradis seraient recouverts par les eaux des glaciers qui fondent à vue d’œil. Les raz de marée étaient revenus ! CQFD, c’est mathématique et logique. Comme une spirale où petit à petit toutes les peurs de mon enfance vont peut-être arriver à se concrétiser.
L’angoisse…
Mais tout ça encore, ce n’est qu’anecdotique comparé à tous les autres problèmes. En fait, je vais vous dire, pour moi et pour nous les jeunes, le monde il est trop brusque. Il n’est pas sans pitié, il est trop brusque. La pitié c’est pour les animaux, les chiens ou les singes de laboratoire à qui on a refilé le virus de l’hépatite ou du HIV.
Le monde il est brusque et injuste. La pitié c’est pas pour les humains ou alors j’ai rien compris à la dignité. L’injustice, c’est tous ceux qui ont chopé cette super-saloperie de sida. A cause d’un chimpanzé et du débile qui se l’est fait. Tous ces mecs et toutes ces filles qui crèvent par centaine derrière les murs des hôpitaux. Personne ne leur avait dit avant que c’était mortel de baiser, ou de se faire opérer de l’appendicite ; avant, tout ça, c’était la vie…
Et même ceux qui se shootent, c’est pour être bien, délire un peu, pas pour mourir à l’hôpital avec des tuyaux partout, et crever comme des chiens. C’est vrai quoi ! Baiser ou faire l’amour, comme vous voudrez, entre filles, entre garçons, ensemble, c’était notre seul et unique espace de liberté qui nous restait à nous… les jeunes. On n’avait pas besoin de demander la permission à nos parents, ni à personne d’autre, et en plus c’était gratuit.
Soit on vivait le grand amour et là, « boum », on faisait ça pour la première fois en cachette dans une salle de bains, comme avec Lili, ma première fiancée, et c’était vachement bien. Soit on baisait par plaisir, avec qui on voulait, juste pour délire et s’amuser. La liberté totale quoi, la seule, et pas de contrôles de flics ou autres conneries…
Et là « blam ! » la descente.
Maintenant, faut acheter des préservatifs, si on ose, faut demander ingénieusement à sa partenaire avant, faut essayer de se le mettre avant, sans éjaculer avant. Enfin, c’est foutu quoi !
Quand je baisais avec Charlotte, ma fiancée du moment, on se préservait de rien, de haut en bas et de bas en haut. Avec ce qu’on a vu à la télé, tous ces malades maigres comme des baguettes chinoises… on baise plus.
On a bien essayé juste une fois avec une capote, ça s’est terminé « trop vite ».
Alors on est allé tous les deux se faire un test anonyme et gratuit avec en bonus l’infirmière qui te dit en guise d’au revoir : « Voilà, en espérant que tout aille bien. » Merci m’dame j’espère aussi, pauvre conne.
On a attendu cinq jours à préparer notre testament, heureusement le test était négatif. Seulement, après, on nous a expliqué qu’il fallait revenir dans six mois en faire un autre parce que le virus, il se cache très longtemps dans le sang… et gnagnagna…
Alors on ne baise plus.
On se touche tout habillés, en s’embrassant très fort comme si on faisait l’amour pour de vrai. C’est bon quand même mais là, on nous a dit qu’on risquait aussi d’attraper une hépatite B, par la salive…
Alors on s’embrasse plus, faut qu’on aille se faire vacciner. Le grand amour quoi !
Bref, avant le sida, sortir ensemble, baiser, c’était notre truc à nous, nos secrets et nos mystères perso… comme nos groupes de rock qui ne plaisaient pas à nos parents.
Et maintenant, c’est foutu. En plus, avant ce virus, on avait, Charlotte et moi, vachement confiance entre nous et là, en ce moment, je la regarde de travers. Et si jamais elle allait baiser ailleurs, avec un autre mec, et qu’il a le sida ou l’hépatite B ou C et qu’elle ne se protège pas et qu’elle ne me le dise pas… c’est, ce serait dégueulasse monstrueux.
Bon ça pourrait m’arriver aussi hein ! faut être juste.
Parce qu’il y a des filles parfois qui m’attirent et la capote, ça me bloque… On peut même plus se tromper en douce… on peut même plus mentir non plus, ça serait un crime.
Et puis si j’embrassais une fille, juste un soir, ça ne serait tromper Charlotte mais si cette fille avait l’hépatite B, je la refilerais à Charlotte qui n’a rien demandé à personne, et moi non plus d’ailleurs.
Je vous le répète, c’est vraiment foutu.
Tout ça, c’est trop brusque pour moi.
Le monde, il est vraiment cruel.
En fait, on nous demande à notre âge de réagir comme des adultes, de faire attention comme des adultes et de réfléchir comme des adultes. A dix-sept ans ; alors qu’on n’est même pas finis.
Mais j’en ai rien à foutre moi, de penser et de faire comme des adultes. Quand je vois mes parents qui sont séparés depuis plus de dix ans et qui se déchirent toujours à coups d’avocats, la collection de timbres, ça me fait vomir, c’est comme dans une cour de récréation.
Quand je vois les députés ou encore des ministres ou chefs d’Etat se disputer comme des chiens leurs siéges, être dépressifs dès qu’il y a un mauvais sondage, c’est comme à l’école, ce n’est pas plus différent chez nous que chez eux.
Ou encore, quand je vois les conneries à la télé et toutes ces « pseudo-stars » qui pâlissent à vue d’écran quand leur audimat se casse la gueule, qui se renvoient la balle et se font virer pour un point en moins… C’est pitoyable.
C’est comme le binoclard de service dans ma classe qui se trouve mal quand il n’a pas décroché un 18 sur 20 en philo. C’est nul !
Alors c’est ça, on nous demande d’être des adultes avant l’heure pour penser et rejoindre un monde de gamins et de tarés encore moins évolués que les sixièmes !
Faut quand même pas déconner, non !
Bon, c’est vrai, vous me répondrez qu’il n’y a pas que ça sur la planète, qu’elle regorge de gens intéressants et géniaux, qu’il y a d’autres pays, d’autres paysages magnifiques sur le terre ou sur l’eau et même dans l’eau. Moi, je suis désolé, j’ai déjà tous vu à la télé avec le commandant Cousteau et Nicolas Hulot. Ils nous ont déjà tout montré, la planète de fond en comble, de long en large et en couleurs, en plus.
Bien sûr, il reste quand même des livres géniaux à découvrir, des poètes, des peintres extraordinaires, Mallarmé, Eluard, Rimbaud… Mais ils sont tous morts et pour la plupart vachement jeunes. Il n’y a pas de mystère… Non, vraiment, il n’y a plus rien qui m’intéresse ; tout est pareil : la paix dans le monde, la littérature, la musique, la politique, il n’y a même plus d’idéaux, que des McDo. La terre entière stagne.
A Bombay ou à Paris, on trouve des taxis et des Pizza-Huts, comme à Moscou ou à Stockholm, des McDo ou des taxis. Tout se ressemble, tout est pareil.
A quoi ça sert alors d’aller se gonfler à visiter. Non ! Aujourd’hui c’est archi-nul, ça ne m’intéresse plus de vivre et de regarder tout ça. C’est con ! hein ? c’est triste surtout pour un garçon comme moi.
Des fois pourtant j’ai envie de plein de choses à la fois… d’aller danser sur les toits de Paris la nuit, de piloter un Airbus ou bien des fusées, mais ça ne m’arrivera jamais, jamais, je ne me fais plus de fausse joie, je ne rêve plus… Le rêve est fini, comme disait je ne sait plus qui. Et puis de toute façon, avant que ça devienne intéressant, par exemple l’exploration spatiale des autres galaxies, je serai déjà trop vieux et rongé par les vers.
Et puis le pire de tout, c’est que j’ai cette putain d’impression de n’être jamais seul à découvrir un truc ou de n’être jamais le seul à m’intéresser à quelque chose. On est toujours nombreux sur le coup à tout apprendre en même temps. C’est la masse qui m’énerve, la trop grande masse de gens qui bouffent et dorment en même temps, qui baisent ou ne baisent plus à la même heure.
Un jour, je me suis posé sur un pont au-dessus du périph et j’ai compté les voitures avec les gens dedans et j’ai compris. Tous ces cons qui boivent, bouffent et chient dans la même ville, c’est pas possible, il y aura bientôt plus rien à boire, plus d’eau sur Terre, que de la merde…
Voilà pourquoi je retourne dans l’anonymat.
Alors bien sûr, là, vous pouvez me demander : Mais pourquoi ? A cause de quoi tu penses à ça ? T’es barjo ! Tu as un problème, on peut t’aider tu sais…, etc.
Putain ! mais c’est évident, merde ! Vous avez vu où l’on vit, comment on vit tous sur cette Terre, c’est un véritable bordel, une vraie poubelle, une cochonnerie, et qui pue, au sens propre et au sens figuré aussi… non ? Je ne me suicide pas à cause d’une chose mais à cause de pleins de choses, bande de cons, va ! Bon, excusez-moi, je m’emporte. Ma mort, elle, n’appartiendra qu’à moi tout seul et je serai encore tout seul dans ma boîte en bois, partant pour les flammes du Paradis. Parce que j’espère bien que s’il existe, j’irai au Paradis… En Dix-sept ans d’existence, j’ai justement pas fait grand mal à l’existence.
Et dire que j’aurais pu avoir une vie terrible !
Alors… au revoir monsieur et madame, je vous tire au pistolet ma révérence, je m’en vais et violemment. Comme ça, cela vous fera les pieds !
Putain, en vous parlant comme ça, caché dans les chiottes du lycée, je m’aperçois que je viens de vider toute la bouteille de gin que j’avais achetée ce matin. Je comprends que ç’a déliré un petit peu. Mais attention, je ne suis pas totalement rond hein ?! je sais me tenir.
Remarque, comme ça, ce sera plus facile d’appuyer sur la gâchette. Remarque aussi, depuis que je vous parle, j’ai l’impression d’avoir moins la haine ; on dirait que ça va mieux.
A ce moment-là, il sortit le revolver de son sac et le pointa vers lui dans sa direction, la direction de sa bouche.
A ce moment-là, il y eut des grands coups de poings de l’autre côté de la porte.
- Julien ! Julien… c’est toi qui est là ?
- Ouais ! quoi… qui c’est… ?
Toujours le pistolet pointé vers lui.
- C’est moi, c’est Thomas, ça fait une heure qu’on te cherche, qu’est-ce que tu fous ?
- Je réfléchis.
- Réfléchis pas trop. Ecoute plutôt ça, c’est génial, mon père nous emmène tous les deux samedi faire notre baptême en parachute. Il s’est arrangé pour tout, les assurances, etc. Putain Julien, ça va être mortel… !
- Oh ! c’est vrai ? Putain c’est cool ! depuis le temps qu’on attendait ça… Bon, attends-moi dans la cour, j’arrive…
Un peu abruti par le gin, il rangea le pistolet maladroitement dans son sac, et vomit beaucoup. Eh bien, la voilà ma nouvelle mort, dit-il joyeusement, je vais lier à la fois le plaisir et l’horreur, le bien et le mal. Dès que j’aurai sauté de l’avion samedi, je n’ouvrirai pas mon parachute… Ah ! Ah ! et là je vole et puis « splash » ! écrasé sur la terre… putain, ça va être mortel…
Et il s’endormit comme ça, d’un coup sec.




**Jsais pas si vous avez eu le courage et l'envie de tout lire, mais moi en tout cas
j'adore cette nouvelle !
**

# Posté le vendredi 03 juin 2005 05:49